Rechercher un terrain

La recherche du site

 

¤ Les a priori du commanditaire

Dr Baba Fall désirait s’installer sur un site propice au calme et au recueillement. L’idée étant de proposer des « séjours de rupture » et de revisiter l’idée de village psychiatrique. Deux hectares paraissaient être le minimum pour s’offrir un petit parc pour des promenades et des activités. La proximité de l’eau garantirait l’ouverture vers la nature, offrirait une vue dégagée, permettrait le calme.

Aussi, il ne fallait pas trop s’éloigner de Saint Louis et des réseaux s’y rattachant. Les alternatives étaient en aval ou en amont du fleuve. Il était aussi utile de se renseigner sur l’orientation de l’extension urbaine.

La dualité modernité/tradition moteur de la psychothérapie sénégalaise devait être rendue possible par un rapport entre l’urbain et le rural, entre l’institutionnel et le vernaculaire. Sans renier ni l’un ni l’autre comme l’ont fait les villages psychiatriques tenus en échec.

 

¤ La visite des alentours à la recherche d’un terrain

Ainsi, nous avons sélectionné quelques sites potentiels. Je conte le contexte de ces visites en [I.A.3… à Saint Louis]

* La langue de Barbarie (hydrobase)

Le cadre est magnifique, très touristique, mais c’est un cul-de-sac, le moindre raz de marée ou une montée du fleuve peuvent couper la langue du reste du monde, le foncier disponible est hors de prix tant la spéculation des hôteliers est élevée, le devenir de la Langue est incertain depuis l’ouverture de la nouvelle embouchure.

* La ZAC de Sanar

Eloignée du fleuve, le projet n’aurait eu comme seul atout d’être voisin de l’université, d’être au cœur d’un nouveau quartier. Se rapprocher du fleuve signifierait s’éloigner de la route, et refuser l’affectation d’un grand terrain de plus de 2ha. De plus, la zone est un micro climat bien plus sahélien que les sites plus proches de la mer.

 

CARTOGRAPHIE DE L’AGGLOMERATIONDE SAINT-LOUIS (voir dans document pdf)

* Le Gandiolais

Cette zone en aval de Saint Louis, appartenant à la communauté rurale de Gandon est caractérisée par, au sud, le parc naturel de la langue de Barbarie, à l’est, une réserve zoologique, au nord la nouvelle embouchure et la jonction des principaux marigots, c’est aussi une région aux multiples marais salants et aux villages de pêcheurs. On y a beaucoup construit, surtout sur le front de fleuve. Aucune parcelle n’y reste. Ce groupe de village est très pauvre en hommes : beaucoup de femmes et de filles, et des garçons au maximum préadolescents, les jeunes hommes sont à la ville ou en Europe quand ils ne sont plus pêcheur. L’économie est basée sur l’importation d’argent : énormément de construction sont en cours.

D’après le géomorphologue, Boubou Aldiouma Sy, rencontré à l’UGB, le terrain qui nous aurait convenu le mieux se situait juste après l’hôtel Cumba Bang, au début de la route de gandiol : un cordon dunaire proche du bras principal du fleuve. Plus proche de Saint Louis, plus proche de la route de Dakar, assez élevé pour profiter des alizés et éviter les inondations, ce cordon dunaire fixé par une bonne végétation aurait été un lieu propice. Mais c’était sans compter sur l’histoire de ce terrain anciennement classé.

Avant la décentralisation, en 2000, un groupement d’intérêts financiers français (AURELIA SUN) fait déclasser par le gouvernement ce site planté d’arbres en promettant l’implantation d’un hôtel. Celui-ci offrira du travail aux populations locales, apportera de l’argent et des emplois indirects à la région : le tourisme est une manne pour Saint Louis. Terrain affecté, borné, permis de construire déposé en 2001, tout peut se faire… mais les années précédentes ont connu de grosses inondations, et l’Etat a par ailleurs promis ce même terrain à la population d’un village de pêcheur inondé dans le Gandiolais. En coupant la poire en deux, l’Etat a doublement déçu : l’hôtel n’a plus le terrain entier et n’a plus l’ouverture sur le fleuve, le village ne peut se reconstruire qu’à moitié, personne n’est content : ni l’hôtel, ni le village n’est construit.

La décentralisation a permis de transmettre de l’Etat aux communautés rurales la gestion du domaine foncier. Mais il n’était pas question pour nous d’aller faire pression sur la communauté rurale pour qu’elle récupère le terrain pour nous l’affecter ! En effet Aurelia Sun répond aux abonnés absents et le chantier, en 5 ans n’a jamais vu le jour, sauf une case de stockage. Ils ont un bail de 99 ans.

* Gandon

C’est à la présidence de la communauté rurale qu’on on nous expliqua cette histoire de l’Aurelia Sun. Le président et un chef de village (Leybar) nous présentèrent alors un terrain comparable : le terrain finalement choisi. Seul problème, le bras de fleuve au bord duquel nous nous installerions est un bras « mort »… mais l’intérêt pour ce site n’est pas des moindres : proche de la grande route, reliée en eau, électricité et téléphone, non loin de St Louis, orienté vers le nord, le site était choisi.

* Saint Louis, île de SOR

Le doute quant à la position excentrée du projet nous faisait penser qu’il est dommage de ne pas être en situation urbaine. Je pense qu’il sera très envisageable de créer des unités de jour en ville, une fois la structure principale en bon fonctionnement.

¤ Le tour des administrations

Pour trouver ce terrain, c’était un réel marathon. Des visites à l’agence de développement communal, à l’agence régionale de développement ou bien au musée de L’IFAN, nous ont conduit à des impasses. Il fallait trouver des moyens de se faire introduire dans les milieux officiels. Au bout de 10 journées jonchées de rendez-vous infructueux ou déplacés, une journée fut décisive : le 13 juillet.

Nous avons rencontré l’architecte saintlouisien Ndary Touré le 13 juillet. Nous avions été introduits par Marcel Savi de Tove, patron de l’auberge la louisianne, qui le savait connaisseur de l’architecture en terre. Nous discutions alors des techniques de construction alternatives au béton. Quand il était jeune architecte dans les années 80, il expérimenta la terre cuite avec de l’argile extraite localement : il se « cassa les dents » sur le problème de la salinité de tous les sols de l’estuaire et ne trouva jamais un seul moyen de régler ce problème.

Par contre, il a construit le centre de recherche dans le parc national du Djoudj, une réserve d’oiseaux en amont sur le fleuve à une trentaine de kilomètres. Ce bâtiment en terre cuite, aux dômes assurant une fraîcheur intérieure naturelle est exemplaire. Il utilisa pour la construction de l’argile extraite loin en amont du fleuve, moulée en briques cuites sur place. Nous n’avons pu aller visiter ce centre car il est fermé à l’approche de l’hivernage : les oiseaux ont migré. Aussi il participa à la construction de l’hôpital régional de Kaedi dans les années 1980.[1]

En sortant de cette entrevue, nous avons rencontré par hasard une connaissance : Assane Fall, secrétaire du festival de Jazz et directeur de l’hôtel Méridien (Cumba Bang). Nous lui indiquâmes alors que nous avions du mal à rencontrer le maire et à trouver un site pour le projet. Il appela aussitôt « monsieur le maire » Monsieur Sylla (en fait c’est le premier adjoint) pour que le maire en personne nous reçoive au plus vite, en profitant du fait qu’il serait exceptionnellement présent le 14 juillet.

Le 14 juillet, on rencontrait l’adjoint pour lui présenter le projet, munis d’une lettre adressée au maire qu’on ne put finalement pas rencontrer.

La commune de Saint Louis ne disposant pas d’un terrain de 2 ha, il nous proposa de nous présenter à la présidence du conseil rural de Gandon, collectivité territoriale de la banlieue de St Louis qui est en charge d’une grande partie du pourtour de Saint Louis. Le 15 juillet, nous nous rendions tous trois (moi, Sébastien passant pour mon associé, et Sylla) à Gandon.

Le président n’était pas là, mais nous revenions le 19 pour le rencontrer. Nous parlions alors des différentes possibilités et particulièrement du terrain de l’Aurelia Sun et les embrouilles liées à ce site. Finalement le 20, nous partons avec le président voir le chef du village de Leybar. Ils nous emmènent vers le terrain qui sera finalement choisi. On se renseigne alors sur la procédure d’affectation de ce terrain correspondant parfaitement aux critères demandés.


Le 22 nous repartions vers Dakar : Baba Fall arrivait pour son séjour estival traditionnel.

Sébastien reparti en France, Baba et moi, de notre côté, rendions visite au conseil rural le 27, accompagnés d’un marabout du village voisin, ami de la famille Fall. Une réunion en langue Wolof s’ensuivait et je passais pour l’Européen pressé : il faut dire qu’il nous était impossible d’acquérir de la documentation cadastrale tant que la procédure d’affectation n’était pas lancée et je voyais la fin de mon séjour arriver à grands pas.

Ainsi, malgré mes trois visites au service départemental du cadastre, je ne pu mettre la main sur la moindre carte précise ne serait-ce que géographique de la région. Merci GoogleEarth.

¤ La procédure d’affectation du terrain

La procédure qui va être lancée est la suivante : la commission domaniale de la communauté rurale se réunit sur le site. Elle donne son accord en indiquant au service du cadastre les délimitations visibles du terrain à affecter. Le terrain doit alors être délimiter plus sérieusement avec un géomètre. Le cadastre peut alors le borner. Le terrain est alors affecté. Dans l’année qui suit le bornage, les propriétaires doivent construire la délimitation par une clôture : grillage ou muret. Un bail foncier de 99 ans est alors donné à l’usager du terrain.

Tant que le terrain n’est pas affecté, le cadastre est incapable de donner le moindre plan au futur propriétaire. C’est néanmoins dans une certaine position hypothétique que l’on se place pour lancer le projet. On en est à la première étape de la procédure d’affectation. Le terrain n’a été délimité qu’oralement lors d’un dialogue en wolof entre la présidence du conseil rural, le chef du village de Leybar et Baba Fall. Mais on connaît l’importance de la parole dans ces sociétés…


 

 

[1] http://archnet.org/library/images/thumbnails.tcl?location_id=1736

3 Réponses à “Rechercher un terrain”

  1. Mamadou dit :

    je trouve cette page très intéressante d’autant plus que j’habite dans cette zone décrite là dessus. j’aimerais par contre en savoir plus sur ce projet fort intéressant.
    Merci

  2. jeanraoule dit :

    Bonjour mamadou.
    Ce travail a été l’objet d’un diplôme de fin d’études d’architecture. Cependant, la commande est réelle, tout du moins, c’est l’idée d’un médecin psychiatre sénégalais, formé au sénégal et émigré en france qui souhaite un jour revenir au sénégal durablement, avec ce projet en poche… c’ets une étude préliminaire que j’ai cru bon de diffuser sur internet. Pour l’instant, cela reste à l’état de projet.
    Vous pouvez néanmoins visiter mon site : http://jeanraoule.unblog.fr où vous trouverez un peu plus d’nfo, dont des images.
    Pour l’instant, le commaditaire n’a pas lancer la consultation des financiers (état, ministère de la santé, éducation, collectivités locales, aide européenne au développement etc.) Mais j’espère qu’il se lancera.
    Merci de trouver ce projet « intéressant » car il me passionne.
    J’espère le construire un jour.
    Aussi, je peux vous donner des informations sur la programmation, les méthodes de constructions envisagées, le mode de financement, le fonctionnement spatial de la clinique, l’intérêt social et régional de cette clinique (ce ne serait pas destiné qu’aux seuls riches:)…
    Veuillez affiner votre question pour que je ne vous réponde pas « à côté de la plaque. »

    Bien à vous
    Jean-Raoul Evrard, Architecte.

  3. garmie, dit :

    Bonsoir Jean Raoul,
    Merci de ces informations en cherchant des informations sur cette zone je tombe par hasard sur ce doCument fort interessant.
    Je suis saint louisienne et tres interesseé sur les futurs projets de ma region.merci de m ‘en dire un peu plus sur les avancées.
    CORDIALEMENT?

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