Programmation

1. Un phasage programmatique

Il est à prévoir un phasage pour la construction de cette clinique. Les raisons sont d’ordre pragmatiques et financières d’une part et culturelle d’autre part : nous allons le voir c’est dans un souci de développement durable que je considère le projet sous cet angle.

D’abord, on ne saurait envisager une structure complète prête à fonctionner à 100% dès son ouverture : pour les raisons de formation du personnel et d’embauche de praticien psychiatres émigrés en grande partie. Alors que le placement d’internes doit attendre, d’une part que la faculté de médecine de Saint Louis soit une réalité, et d’autre part, qu’elle forme des étudiants s’orientant vers la psychiatrie…

Il est certain que la demande est telle qu’un service pourrait être en théorie fonctionnel. Mais au Sénégal, comme j’ai pu le constater tout au long de mon séjour, il faut prendre le temps pour que les choses se fassent !

La culture constructive pousse les personnes consciencieuses à, au mieux, prévoir des fondations pour trois étages, utiliser de bons parpaings pour construire un premier étage complètement fonctionnel, pour plus tard surélever la bâtisse.

Aussi, comme nous l’avons vu précédemment, la coopération nord-sud et son florilège d’outils de développement clé en mains, sont des échecs de part l’inéquation entre besoins modestes et équipements pharaoniques (abattoirs de Mpal, Construction du Centre de Pêche de Lompoul /s mer)

¤ 1ère phase : 25 lits

Dans un premier temps je propose la construction de deux divisions de 10 à 15 lits, ce qui permettra d’accueillir à peu près 25 patients

Dans cette phase, en partenariat avec le ministère de la santé et la faculté de médecine, on mettra en place un pôle de recherche et de documentation spécialisé dans la psychiatrie, on pourra ainsi placer des internes dans les divisions thérapeutiques, y donner des cours, mener des recherches clinicienne en prévoyant une par exemple salle d’observation vidéo.

Au cours de la vie de cette clinique de moyenne dimension, on construira des cases d’appoint. Prévues depuis le début elles permettront de passer de 25 lits à une trentaine.

¤ 2ème phase : 50 lits

Un autre temps de l’évolution du projet sera l’extension de la clinique par deux autres divisions : l’une sera analogue aux deux premières et l’autre sera spécialisée en pédopsychiatrie.

A cet égard, la pédopsychiatrie fonctionne plus en hôpital de jour, il ne sera pas nécessaire de prévoir beaucoup de lits mais une salle de classe, une cour de jeu, un dortoir pour les siestes, une salle de soin, une infirmerie, un cabinet de psychologue etc. organisée autour d’une cour plus fermée que les autres divisions, ce service aura une importance considérable dans l’offre de soins régionale.

Aussi, nous développerons le cabinet de médecine générale avec l’ajout d’un bloc chirurgical conçu pour de petites interventions. Il faudra donc prévoir une salle de soins (chambre) associée au bloc. Le jeu des extensions pourra être appuyé par la reconversion de bureaux et le déplacement de certaines fonctions.

¤ 3ème phase : neurologie et annexes

Enfin dans un troisième temps, il s’agira d’ériger un service de neurologie dont le financement sera différent car plus coûteux. Son architecture et son fonctionnement organisationnel différeront du reste de la clinique si l’on choisit de considérer ce projet comme extension…en effet, ce pourrait tout aussi bien être un autre projet. De plus, les nécessités d’hygiène, et de surveillance du traitement de l’air seront d’une toute autre importance dans le cas d’un projet de clinique neurologique.

J’évoquais en partie II.A, à propos de la psychiatrie de secteur, qu’il serait important de constituer des microstructures de soins ambulatoires au cœur de la ville : ce moment du phasage c’est l’extension délocalisée nécessitant un pôle fort (comparable au lien entre la clinique Mousa Diop du CHU de Fann et le DIAMM)


Un organigramme fonctionnel pour la clinique, élaboré sur place à partir des visites et des conseils de personnes rencontrées est visible dans le fichier au format pdf.

 

2. Programme

Ce chapitre a un côté très technique. Il représente l’étape nécessaire du chiffrage des locaux. Ce moment de la programmation c’est la proposition des surfaces nécessaires à la première phase. Cela dit, on tiendra compte des besoins de préexistence de certains locaux pour les phases suivantes. Par exemple, la cuisine et la logistique doivent être prévues pour une clinique plus grande car il sera plus compliqué d’étendre cette partie par la suite. En fait, cette grille de surface est à la base de la programmatique, mais, mise à l’épreuve de la conception en plan, la partition des différents locaux énumérés dans les tableaux, ne correspond pas vraiment à une division spatiale de la clinique. Entrons dans le détail de ces tableaux qui ont été esquissés lors de mon voyage, optimisés lors de mon retour.
Tableau 1, L’entrée, accès du personnel et du public, donnera sur un espace d’accueil. Il sera conçu comme le carrefour des distributions, un lieu de passage mais aussi de détente. Le personnel, le public et les patients en soins ambulatoires ou autorisés à quitter leur division pourront s’installer à la cafeteria et commander au comptoir de la cuisine boissons et plats.
Tableau 2, La direction et le service de documentation et de formation sont réunis dans une entité dont l’accès serait (dans une logique hospitalière) réservé aux employés et étudiants, la politique de la clinique en décidera : soit l’accès sera libre (comme à Laborde) soit réservé. Pour ne pas trop déterminer à l’avance cette politique, on prévoit que les bureaux du surveillant et de l’assistant social donnent sur une zone plus accessible au public.

Les vestiaires seront communs à tout le personnel, mais en priorité aux cuisiniers et au personnel n’ayant pas de locaux du personnel dans leur section. Il sera donc situé en zone logistique, à proximité de l’entrée.

Les deux premières divisions. Tableaux 3
Depuis la zone d’accueil, on aura accès à deux divisons. Elles ne seront pas de même type. L’une ne comprend que des chambres avec sanitaires. L’autre est composé de plusieurs offres d’hospitalisation : chambres avec ou sans sanitaires, dortoir, cases sans sanitaires. Les surfaces des chambres sont données à titre indicatif, ce sont des aires moyennes : en effet il est préconisé dans l’environnement psychiatrique qu’une diversité de tailles soit proposée (un anxieux préfèrera une petite chambre, au plafond bas, un claustrophobe préférera au contraire le grand espace)
Tableau 4 : Les parties communes sont des lieux dédiés aux activités libres des patients. En partie centrale de la zone de soins, le club (ou foyer) est un outil de socialisation : salle de jeux, de lecture, bar (sans alcool bien sûr) pourront être ses affectations : des étagères et des placards proposeront jeux et livres. Laisser au patients la liberté de l’affectation de ce local (à l’abri des intempéries) est un impératif pour permettre de se constituer une vie extrahospitalière.

Le pénc sera le lieu des rencontres de toute la clinique, pluri hebdomadaire, pour exercer la démocratie interne. Ce sera aussi un lieu de repos, à la fois proche des chambres et au milieu d’un jardin paysager. En un mot, un lieu central.

Les autres services : Tableau 5
Ce groupe de services a plusieurs polarités. Les consultations du cabinet de médecine générale et de psychiatrie en soins ambulatoires forment un pôle extensif dans les phases suivantes. L’ergothérapie sera plus en lien avec les deux services d’hospitalisation. La pharmacie sera plus en lien avec la logistique pour des raisons d’approvisionnement, tout en offrant une proximité au cœur de la clinique pour l’approvisionnement des infirmeries

La cuisine (Tableau 6) Elle est liée à la partie logistique pour les mêmes raisons que la pharmacie. Toutefois, il est nécessaire de l’intégrer dans un système de circuit différencié (propre/sale) afin de séparer le départ des poubelles et l’arrivée des denrées, de séparer le départ des chariots de repas de leur arrivée en plonge. Proche de la cafeteria, la cuisine offrira un comptoir pour que les clients de la cafeteria puissent commander boissons et plats.

Logistique, Tableau 7
Sur le principe de la cuisine, les magasins généraux se situeront dans le circuit « propre », alors que la lingerie et le local d’entretien des lits auront chacun un double accès aux circuits. La lingerie sera le local où l’on lavera repassera et stockera le linge avant leur retour dans les placards de linge propre des divisions.

Des logements de fonction seront prévus sur le site, à l’écart de la clinique : deux T1 d’abord, puis une à deux maisons permettant d’accueillir un interne et sa famille ou une collocation de personnel.

Au total, pour cette première phase c’est une surface utile (SU) de 1800 m² qui est prévue. (Hors circulations)

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